L’ été approche (enfin il est censé arriver) et on à tous envie d’avoir un corps parfait pour pouvoir l’exhiber sur la plage. Bien souvent influencé par les magazines et les réseaux sociaux par des photos qui nous font rêver. Bien sûr disons merci à Instagram et ses copains pour les filtres photos font des miracles!

Sachez qu’il en est de même pour le corps humain. Alors même si la nature en gâte plus que d’autres il y a quand même des photos de corps retouchés aussi mais je ne vous apprends rien. On se laisserait facilement tenter de tout essayer : thés détox, régime en tout genre dans un seul et unique but: perdre du poids. Mais attention, la limite avec le raisonnable est très vite franchie et les conséquences sont terribles.

Aujourd’hui dans LES MAUX DE SAB,  je vous propose ce témoignage de Laura, 20 ans qui fait réfléchir et qui j’espère servira d’exemple ! Un seul conseil, lisez-le jusqu’au bout…

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Le témoignage c’est bien, on peut se livrer sans tabous, sans pudeur, juste en étant soi. Je ne souhaite pas donner trop d’informations personnelles, ce qu’il faut savoir ce que j’ai environ 20 ans et que j’ai connu l’enfer. Ou dans tous les cas MON ENFER: L’anorexie mentale.

Aujourd’hui, je suis guérie et mon rêve ultime est d’empêcher tout un tas de jeunes filles (et jeunes garçons de plus en plus, malheureusement) de sombrer dans la tourmente, de croire qu’il est possible d’atteindre un corps parfait et surtout de croire que les gens t’aimeront simplement pour ton apparence physique.

Je pense que la base est la même pour toutes les victimes de ce qu’on appelle les TCA (Troubles du Comportement Alimentaire): Un déficit évident de confiance en soi. Tout à commencé pour moi lorsque j’avais 15 ans, j’avais une bonne bande d’amis, un physique tout à fait normal, j’étais appréciée dans mon école, le « clown » de la classe, la rigolote quoi ! Malgré tout cela, je ne me sentais pas à ma place. Où que je sois, j’avais l’impression d’être « en trop ». Tu la connais cette sensation ? Pourtant je ne laissais rien transparaitre, bien au contraire, j’aimais parler fort, rire et chanter à tu tête dans la classe, délirer avec mes copines. Même si physiquement j’étais bien proportionnée, je me sentais toujours en décalage avec les gens de ma classe. Tout d’abord j’étais grande, 1 mètre 70 en quatrième pour 55 kilos. Depuis je n’ai pas pris un centimètre, en revanche j’ai perdu 15 kilos.

Lors de l’été précédant la rentrée en troisième, j’ai pris quelques kilos durant les vacances, deux ou trois, rien de bien dramatique. Mais cette légère prise de poids m’angoissait énormément et je voulais « retrouver la ligne » avant la rentrée. On ne va pas se mentir, j’étais influencée par toutes ses filles sur les réseaux sociaux qui exhibent leurs corps parfaits et leurs thés détox! À cette époque les garçons commencent à rentrer dans la boucle, on veut plaire, on veut séduire. À compter du début du mois de septembre, j’ai commencer mon petit « régime » innocemment, sans me douter une seule seconde que j’allais entrer dans une spirale infernale…

Progressivement je supprime le sucre dans le yaourt, le beurredans les pâtes, puis le pâtes, mais aussi l’ensemble des féculents, le fromage, les desserts… En quelques mois, je ne mangeais presque que des légumes, du poisson blanc et des viandes maigres.

Personne ne s’est vraiment rendue compte qu’il y’avait un problème car pendant 6 mois, tous ces changements ce sont fait petit à petit. Pourtant je maigrissais vite, mais avec les vêtements tout peut se camoufler. Alors pourquoi arrêter ? A chaque fois que je montais sur la balance, j’excisais un sourire de satisfaction (malsain) en voyant le chiffre descendre. Je devenais infecte.

Je clamais partout que « MOI j’avais de la volonté » Pauvre fille… si j’avais vraiment eu de la volonté je ne serais pas tombée dans cette prison.

Car oui, j’étais en prison. Mon esprit n’était obnubilé que par une chose : PERDRE DU POIDS. J’étais sans cesse à la recherche de recettes moins caloriques les unes que les autres, de produits miracles pour brûler les graisses, je faisais du sport à outrance sans me rendre compte que j’abimais mon cœur et mon corps tout entier.6 mois après avoir débuté ce « régime » j’atteignais enfin le grâle : La taille 32/34. Pour mon mètre 70, un 32/34 ce n’est vraiment pas épais, je vous assure.

C’est à peu près à cette période qu’une des situations les plus marquantes de ma vie se produisit :

« Je prenais un bain, lorsque ma maman rentra dans la salle de bains pour venir chercher quelque chose. Lorsqu’elle me vit dans la baignoire, elle éclata en sanglot. Jamais je n’oublierai son expression, elle était terrifiée. »

C’est à partir de ce moment précis que j’ai pris conscience de l’impact qu’avait pris ce « régime » innocent sur ma vie. Dès que j’avalais quelque chose, un sentiment affreux de culpabilité me prenait aux tripes, incapable de manger quoi que ce soit si ce n’est des yaourts taille-fine 0%. Sans sucre, sinon ce serait pêcher que de s’accorder le moindre plaisir.

Frustrée dans l’assiette mais aussi dans la vie. Je n’avais plus gout à rien, la vie me paraissait complémentent fade et inutile, j’étais devenu l’ombre de moi même.

Où était passée la jeune fille rigolote et enjouée qui plaisantait tout le temps ? Elle était loin maintenant et avait laissée place à une silhouette cadavérique dont la seule ambition était de maigrir, toujours maigrir, encore maigrir. L’hiver je grelottais, j’accumulais les bouillottes et les polaires pour me réchauffer. Mes mains étaient violettes, tout comme mes lèvres. Je perdais mes cheveux par poignées et mon visage était blanc, voire verdâtre. En 8 mois j’ai donc perdu près de 15 kg. J’ai finis par admettre que j’étais devenu ANOREXIQUE. Ce n’est pas un gros mot, juste une maladie mentale comme une autre. Dès cet instant mes parents sont devenus les personnes les plus formidables à mes yeux, ils ne m’ont jamais laissé tombé. Durant toute mon année de seconde, je jonglais entre le lycée, les amis, qui ne devaient se douter de rien, et les dizaines de rendez vous médecins. Et oui parce qu’anorexique c’est un boulot à plein temps ! J’avais une équipe médicale très structurée autour de moi afin de m’accompagner au mieux vers la guérison en évitant à tout prix l’hospitalisation. Je voyais donc deux fois par semaine une psychologue, une fois par semaine une diététicienne, une fois toutes les deux semaines une psychiatre. Sans compter les séances d’hypnose, l’endocrinologue, le kiné pour les douleurs articulaires, et j’en passe… Je suis devenue en l’espace de quelques années un guide du routard de l’anorexie.

Les premiers rendez vous furent laborieux. L’urgence était de rétablir une alimentation correcte pour me permettre dans un premier temps de stabiliser mon poids.

Selon mon indice de masse corporel j’étais dans une situation de « famine ».

Avant mon premier rendez vous chez ma diététicienne je ne mangeais plus que deux yaourts par jours, soit environ 100 Kcal. J’ai appris par la suite que le corps au repos consomme à lui seule près de 1200 kcal (juste avec le fonctionnement du cerveau, de l’appareil respiratoire etc.). On était donc loin du compte, sachant qu’à mon âge je devais avoir un apport journalier avoisinant les 2000 kcal pour être en bonne santé. C’est aussi durant ces premiers rendez-vous que j’ai dû faire face à une réalité qui me paraissait pourtant tellement futile : Je n’avais plus eu mes règles depuis près d’un an. Les médecins parlent « d’aménorrhée », je trouve ce terme tellement barbare… Je ne me rendais pas nécessairement compte des répercussions que cela pourrait avoir car j’étais encore très jeune, mais aujourd’hui bien que cet enfer soit derrière moi, je n’ai toujours pas mes règles et je serais certainement incapable d’avoir des enfants, sans aide médicale.

Petit à petit ma diététicienne augmentait les quantités, toujours avec mon accord bien entendu, dans l’espoir de prendre du poids. Malheureusement rien n’y faisait, bien au contraire, si bien qu’en première je n’avais plus la force d’aller au lycée, j’ai dû passer mon bac en travaillant de chez moi. Il fallait que je me concentre sur ma guérison. Ma tête était devenu une prison, j’étais en prison et je n’avais plus de moyens de m’échapper. Quand tu as un IMC (Indice de masse corporel) faible, ton cerveau n’est plus alimenté correctement. Tu ne réagis plus de la même façon, tu deviens hyper sensible, incapable de prendre une décision, tu es invivable, bourré de tocs et de rituels. Après ma déscolarisation, je pleurais des journées entières, mon seul réconfort était d’avaler mon somnifère et d’aller me coucher pour, au moins pendant 6 heures, ne plus penser à ce monstre qui me dévorait de l’intérieur. Et puis un jour les somnifères et les antidépresseurs ne font plus effet, la maladie te poursuit jusque dans ton sommeil.

Je me souviens que je ne me supportais plus, je me trouvais horriblement grosse, « dégueulasse » « un gros tas plein de graisse qui dégouline ». Et pourtant, cage thoracique apparente, genoux cagneux, je me pinçais le ventre en hurlant mon mal être, l’hospitalisation me pendait au nez.

Le dragon (c’est comme cela que j’appelais ma psychiatre), m’a posé un dernier ultimatum : Si je ne prenais pas un kilo en un mois, ils m’hospitalisaient de force. Je n’étais plus maitre de moi-même, je suppliais mes parents de ne pas m’y envoyer, je pleurais, ils pleuraient et personne ne pouvait rien faire car eux ne m’auraient jamais envoyé à l’hôpital, les services sociaux oui. J’ai tout donné pendant ce mois. Je mangeais à m’en faire mal au ventre, je pleurais, je mangeais, je pleurais. Et puis ce fut ma première victoire, +1 kg 2, j’échappais à l’hospitalisation.

Maintenant il fallait composer avec la culpabilité. C’est cela que les gens qui n’ont pas de troubles du comportement alimentaire n’arrivent pas à comprendre : « Pourquoi tu manges pas ? ». Quant tu es anorexique, tu développes généralement ce que l’on nomme une dysmorphophobie (je sais, c’est également très barbare) … En gros tu te vois complètement difforme! Je me trouvais beaucoup plus grosse lorsque je me regardais dans le miroir avec mes 40 kg que maintenant que j’en pèse 10 de plus. Tout cela se passe dansle cerveau, c’est chimique! A chaque bouchée avalée un sentiment de culpabilité tellement immense t’envahit que tu préfères ne rien manger plutôt que de prendre le risque de ressentir ne serait ce qu’un centième de celui ci. Mais ceci est une grave erreur, car la frustration devient ton pire ennemi.

Une anorexique sur deux devient boulimique : A force de contraindre ton corps à ne rien manger, un jour tout explose et tu ne peux plus te contrôler, tu engloutis des dizaines et des dizaines de choses jusqu’à saturation. Heureusement, je ne suis pas passée par cette phase. Je ne sais pas si je m’en serais relevée. Et puis, il n’y a pas seulement les risques de boulimie à prendre en compte… Ralentissement du rythme cardiaque, évanouissement, ossature fragile, et j’en passe. J’en suis devenue experte : électroencéphalogramme, électrocardiogramme, ostéodensitométrie et prises de sang sont rapidement devenus mon quotidien. Attention, ne vous imaginez pas que je me plains, loin de là. Je veux simplement mettre en garde, car trop peu d’effets de cette maladie sont connus de tous. En seconde je me suis évanouie 42 fois pour 3 traumatismes crânien, et oui j’ai mon petit record personnel.

Un jour, j’ai vu mon papa pleurer, puis ma maman encore, ma sœur, bref toute ma famille. Un déclic. Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour les autres.

Depuis près de trois ans ma famille se battait quotidiennement à mes cotés pour tuer ce monstre qui grandissait dans mon corps et mon esprit. Je me suis fait violence, j’ai accepté les kilos, en pleurant bien sur, je ne vais pas vous mentir. Et puis tout s’est éclairci, plus tu reprends du poids, plus tu reprends gout à la vie, tu retrouves une vie sociale, une vie amoureuse comme une jeune fille banale. Tu t’acceptes, tu ne penses pas à la nourriture chaque seconde. TA TETE N’EST PLUS UNE PRISON. À partir de cet instant je suis devenue plus forte que jamais, rien ne peut désormais plus m’arrêter.

On m’a volé près de 4 ans de vie, pas un jour de plus. Je vis pleinement, j’apprécie chaque chose, chaque instant.

Bien sur, je garde des séquelles de cette époque, mais c’est normal. Cela fait partie de moi. Alors par pitié ne vous comparez pas, vous êtes unique et c’est cela qui fait votre force. Vous êtes tous et toutes merveilleux et n’en doutez jamais. Personne n’a le droit de vous juger, et si vous aimez le chocolat… MANGEZ DU CHOCOLAT, faites vous plaisir car nous n’avons qu’une vie, elle est précieuse. Ne vous martyrisez pas la tête et l’esprit ! L’anorexie est certainement la pire chose qui me soit arrivée, alors prenez garde car elle arrive sans prévenir. Le combat vaut vraiment la peine d’être mené car la victoire est magnifique, je vous le jure.

Aujourd’hui ma vie est incroyable ! Je fais des études, j’ai des amis formidables, le sourire toute la journée et surtout… Je mange ce dont j’ai envie ☺

Aussi je voudrais remercier ma famille, mon pilier. Merci Sabrina, une battante dont j’admire le courage chaque jour. J’aimerai un jour pouvoir donner autant que toi, aujourd’hui tu es mon exemple.

Bisous « Un baiser est une gourmandise qui ne fait pas grossir ».
Laura

 

Je compte vraiment sur vous pour partager au max cet article , car pour moi il y a un message urgent à faire passer L’histoire de Laura m’a bouleversée !

Personnellement , je suis mince, je fais du sport , mais mon plaisir de la vie c’est de manger, la seule chose à laquelle je fais attention c’est l’hygiène de mes aliments!

A Laura, j’aimerai simplement lui répondre que j’admire son courage d’avoir eu la force de sortir de ce calvaire et d’être une jeune fille drôle pétillante comme elle l’est en prenant avec on sans calorie son baiser gourmand !

N’hésitez pas à partager et laisser des commentaires !

Bien à vous,

Sabrina

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