Bonjour à tous !

Il y a quelques semaines je vous parlais d’Adeline atteinte syndrome de Turner qui fait partie des petites fidèles qui m’apportent leur soutien depuis des années. Aujourd’hui, je vous livre l’histoire de Mandy qui fait aussi partie de celles qui me soutiennent depuis mon entrée dans Secret Story. Un soutien hors pair et je ne le dirais jamais assez, je ne suis rien sans les gens qui me suivent. Seules ces personnes ont le pouvoir de me faire avancer, alors si à travers mes activités j’ai le pouvoir de leur donner aussi la parole pour évoquer des combats qu’elles mennent elles aussi dans leurs vie, c’est tout ce à quoi j’aspire. Mandy nous parle de son combat contre l’obésité aujourd’hui.

Bonjour,

Je m’appelle Mandy, j’ai 25 ans, je vis en Belgique et aujourd’hui j’aimerai vous raconter  mon histoire. Tout a commencé quand j’étais petite, à l’âge de 2 ans, j’ai subit un choc psychologique qui a perturbé ma vie de petite fille ce qui a déclenché chez moi une hyperactivité (trouble du comportement), suite à cela on m’a prescrit un traitement (La Ritaline) qui m’aidait à me contrôler et à me calmer.  Au fil du temps, on me l’a progressivement arrêté. Hélas, dès l’âge de 17 ans les effets indésirables de l’arrêt du traitement ont fait leurs apparitions et cela s’est traduit principalement par une prise de poids importante.

J’ai longtemps essayé de perdre du poids naturellement en essayant plusieurs régimes et changer d’alimentation, j’ai été suivie par des spécialistes alimentaires, j’ai fait énormément de sport, mais rien ne changeait. Les seules fois où j’arrivais à perdre un peu de poids, je reprenais le double aussitôt, c’était profondément décourageant pour l’adolescente que j’étais. J’ai du endosser énormément de critiques par des personnes inconnues, mais pas que, également par mon propre entourage, j’avais le droit à de charmantes remarques comme : « Tu dois maigrir » «  Il faut faire quelque chose » «Ce n’est pas normal  d’être comme ça à ton âge ». La critique est de loin la chose dont on m’aura le plus épargné dans ma vie!

Je pourrais presque écrire une encyclopédie de tout ce que j’ai pris en pleine tête : « Tu es grosse » « Tu es moche »  « Tu ressembles à une vache » « Tu devrais te cacher » « Arrêtes de manger » « Vas faire du sport » et j’en passe. Des mots qui collent à la peau et dévastent notre amour-propre. J’aimerais pouvoir ajouter à ce témoignage qu’à force d’en entendre, on sy fait à la critique, mais en réalité ça serait mentir, on ne s’y fait jamais réellement. On dit souvent qu’il n’y pas que le physique qui compte, c’est faux c’est pour se rassurer on le sait tous au fond de nous.

Face aux vannes et au rejet des autres, j’ai développé des mécanismes de compensation. Je n’avais que deux options dans ma vie face à ce fléau. Soit pleurer aux toilettes, soit prendre les choses à contre sens avec humour. Je vous parle d’option mais réellement c’était une obligation de comportement à adopter pour assurer ma survie morale. Humour, gentillesse…J’ai appris à développer des qualités humaines qui m’ont permis de devenir populaire malgré tout!

En ce qui concerne ma vie sentimentale,  j’ai toujours pensée qu’aucun homme ne me regarderait et qu’aucune histoire ne pouvait devenir sérieuse. C’est vrai!, après tout qui voudrait « d’une grosse » comme petite copine? Je ne me suis donc jamais vraiment attachée à un garçon, car j’ai toujours été plus souvent repoussée qu’autre chose. J’ai si souvent rêvé de toutes ces fois où je n’osais pas m’afficher avec certaines personnes, où je n’ai pas osé me lever pour danser dans des mariages, dans des fêtes de familles, où j’ai trouvé mille et une excuses pour ne pas aller danser avec mes amis, ne pas oser parler devant du monde. J’étais persuadée n’être aux yeux des autres simplement qu’une bonne grosse copine que tout le monde aime avoir à ses côtés.

Je ne compte plus toutes ces fois où je me suis cachée derrière des vêtements trop larges même sous 30 degrés et où je faisais croire que j’avais « froid », moi même j’avais du mal à croire ces prétextes. Combien de fois j’ai refusé des invitations à aller à la piscine , à la plage, à aller en institut ? Le scénario de ma vie n’était finalement qu’une succession de prétextes montés de toute pièce car au fond de moi il en était tout autre. Ce surpoids me causait également des problèmes de santé, car étant atteinte d’asthme sévère, ce surpoids empirait les choses et au moindre petit effort, j’étais à bout de souffle et au bout du rouleau. je souffrais également de problèmes de dos, notamment dans mon travail au poste d’ASH (agent des services hostpialiers).

Des années et des années à manquer de confiance en moi-même, même si je ne pourrais toujours pas vous dire que j’ai pris confiance en moi à 100 % à l’heure où je vous parle. Mais j’ai déjà pris conscience de mon avancé et fais un grand travail sur moi-même ce qui bien sûr, m’aide au quotidien.  J’ai décidé que cette vie devait changer. 

En mars de l’année dernière, une amie de longue date m’a contactée pour me parler d’un certain chirurgien qui pratiquait une opération appelé : «  La plicature gastrique ». Cette opération consiste à replier l’estomac sur lui-même sans toucher à aucun autre organe par conséquent qui pourrait me faire perdre 70 % de ma capacité à manger. Après quelques semaines de recherches plus poussées et des prises de renseignements un peu partout sur le net et en recueillant essentiellement des avis positifs contre quelques négatifs, j’ai décidé de me lancer et de prendre rendez-vous avec ce chirurgien. Une décision murement réfléchie car vu l’enjeu, ce n’est pas une chose à prendre sur un coup de tête. Quelques mois se sont passés avant de pouvoir renconter ce fameux chirurgien «plutôt beau» pour qui j’avais déjà 1001 questions à poser telle une enfant. 40 minutes de consultation avant de ressortir de son cabinet avec des étoiles pleins les yeux me voyant déjà dans un avenir meilleur grâce à ce spécialiste en qui  j’avais une confiance aveugle. Oui j’aime le préciser car je crois en la médecine belge et encore plus aux compétences des médecins et chirurgiens « Flamands ». Je pense sincèrement être tombée sur le meilleur.

Par la suite, deux autres rendez-vous ont suivi, la machine était bien en route en commençant par le bilan à effectuer : Prises de sang, radios, échographies…Avant de fixer un dernier rendez-vous à la fin juillet pour programmer la date de cette opération qui allait changer ma vie. Une date fixée pour le 24 novembre de la même année, cela me paraissait tellement loin, voir une éternité mais cette programmation était un soulagement. J’envisageais enfin ma nouvelle vie dans ma tête, fallait- il encore que je fasse accepter ce choix a mes proches!

Ma mère et ma grande sœur étaient dans un premier temps très réticentes à cette opération mais elles ont finalement compris que pour mon bien-être physique et psychologique il fallait que je la fasse. J’ai décompté les jours et les minutes jusqu’au jour J sans vraiment ressentir le moindre stress ni d’appréhension. Enfin ça c’était jusqu’au jour J car je vous l’avoue, malgré tout mon COURAGE j’ai voulu tout arrêter, j’étais a deux doigts de dire : « Retirez moi cette perfusion et ce petit bonnet ridicule, je ne sais pas ce que je fais ici!  »

Je suis finalement partie pour une heure trente d’opération et ma plus grande peur était de ne jamais me réveiller. Trois heures plus tard, j’ai ouvert les yeux avec des douleurs atroces et cette sensation d’abandon, je ne savais plus où j’étais. Tout ce que je désirai, c’était retourner dans ma chambre et retrouver un visage familier ainsi que ma petite collègue de chambre qui était là pour la même chose que moi avec qui j’ai gardé de très bons contacts, forcement vivre la même épreuve ça crée des liens. Les premières heures, les premiers jours j’ai supplié ma mère tellement j’avais mal, je pleurais assise à côté des toilettes (oui oui,c ’est le côté très glamour) à me répéter en boucle « Pourquoi j’ai fait ça ? Rien que le fait de boire et d’avaler une cuillère de yaourt était une épreuve de haut niveau.

Après l’orage et non la pluie vient le beau temps, en seulement une semaine j’ai retrouvé une pèche d’enfer et un peu mon appétit. J’aimerai préciser c’est que cette opération est une opération réversible qui ne m’a laissé que 4 petites cicatrices qui ne se voient déjà pratiquement plus. En revanche côté psychologique cela n’a pas été facile. Le corps change mais de nous-même nous ne le voyons pas et c’est dans ces moments-là que l’on remercie nos proches d’avoir été là. Sachez que lorsque vous reprenez ne serait ce que 200 grammes c’est la mort assurée, du moins dans ma tête ça l’était mais depuis j’ai appris à relativiser en faisant preuve de patience et en me contentant d’être heureuse des moindre grammes que je peux perdre.

Aujourd’hui cela fait 5 mois que j’ai été opérée, ma balance affiche -20 kilos. À l’heure actuelle, même si j’ai encore un peu de chemin à faire et encore une quinzaine kilos à perdre environ, je peux enfin dire que oui l’opération aura été une aide cruciale dans ma vie, la volonté et la détermination s’accorde avec un changement de mode de vie ainsi que l’importance d’une réorganisation alimentaire fondamentale. Ce dont je suis sûre, c’est que je ne regrette rien et si c’était à refaire je repartirai dans mon lit d’hôpital en courant car ma vie est désormais bien meilleure à tout niveau et ce n’est que le début !

Bien-sûr il m’arrive d’être dépassée, fatiguée, stressée pour un oui ou pour un non certainement beaucoup plus qu’avant mais quoqu’il en soit je revis et surtout je vois le regard des gens changer sur moi-même et ça, ça ne me déplait pas même si dans le fond je suis toujours la même personne. C’est là que je réalise à quel point de nos jours le physique compte toujours plus que l’intérieur d’une personne et que les jugements sont faciles et gratuits.

« Il n’existe pas de corps parfait. Le corps parfait est simplement le corps dans lequel vous vous sentez bien»

Aujourd’hui , je m’autorise à rêver de trouver l’homme qui fera de moi cette femme comblée, le père de mes enfants (oui car avoir des enfants c’est mon souhait le plus grand et je veux qu’ils aient en face d’eux une maman qui s’aime et qui ne passent pas à côtés de bons moments) car la morale de l’histoire  c’est qu’avant d’apprendre à aimer, il faut d’abord s’aimer soi-même. Je suis enfin vers le chemin de la victoire, une revanche envers la vie et ce que j’aimerai faire passer comme message c’est qu’avant de juger une personne sur ses décisions, ses choix, il faudrait peut-être essayer de comprendre son passé et son vécu. Quoique le gens diront, n’écoutez que votre cœur et vivez pour vous! Voyez le positif dans toutes les situations, chaque obstacle est une leçon à prendre, surmonter les coups durs, les difficultés de la vie, tout simplement parce que la vie est belle, parce qu’elle est un cadeau. Parce que il y a toujours pire et qu’il y a tellement de choses à vivre.

Si on prend la peine de regarder au loin devant soi et que l’on ne lâche jamais de vue ce pourquoi on se bat, on avance inévitablement chacun peut y arriver. Vivez pleinement, furieusement, avec le sourire aux lèvres, avec courage vous sortirez grandis, victorieuses, plus fortes que jamais. C’est ma vision des choses, ma façon de voir ma vie et de la vivre. Rien de m’arrêtera, rien, pensez – y!

Je tiens à remercier toutes ces personnes (amis, familles) qui ne m’ont jamais lâché ni regardé différemment dû à mon obésité qui faisait forcément de moi une personne différente. Enfin je terminerais par te remercier toi Sabrina, de me permettre d’en parler, de m’exprimer à un public plus grand, merci d’être toi tout simplement car tu es une force pour beaucoup et un modèle de réussite…

Mot de la fin

J’ai laissé le petit commentaire de Mandy car il fait parti de ce qu’elle m’a écrit pourtant , sachez bien qu’après avoir rédigé son histoire je me sens toute petite face à elle et je trouve son témoignage courageux mais aussi réaliste ! Dans le sens où elle ose les mots et que d’avoir une différence physique ça met des barrières dans bien des domaines. Maintenant il y a des solutions on le sait tous, mais la solution passe souvent par la douleur physique et mentale alors encore une fois je salue son courage pour avoir eu la force de faire cette opération. Je ne vais pas rajouter de morale à son histoire car elle le fait très bien dans son témoignage!

Merci Mandy d’être aussi belle de l’intérieure et maintenant tu peux être fière de l’être à l’extérieur Je te souhaite cet avenir haut en couleur et un avenir rempli d’amour et de joie sois fière de toi !

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