Bonjour à tous, aujourd’hui nous allons parler grossesse dans les Maux de Sab. Si très régulièrement en une des infos nous pouvons lire des articles sur la fermeture de maternité pour des raisons économiques, le sujet que nous allons aborder ce jeudi est probablement lié aussi au manque d’argent pour encadrer les futures mamans. Ha…la grossesse, cette aventure unique! C’est vrai, finalement on pourrait écrire un livre sur chaque grossesse car en étant maman d’un ou plusieurs enfants on a toutes une anecdote à raconter ! Il n’existe aujourd’hui aucun mode d’emploi pour devenir de bons ou de mauvais parents, néanmoins il existe des stratégies, des solutions afin d’accompagner au mieux les futurs parents. Si devenir maman est de loin le plus beau métier au monde, l’étape de la grossesse manque souvent d’encadrement et d’informations. Pour énumérer certaines épreuves liées à la grossesse je tiens à remercier Sarah Kaddour de m’avoir fait confiance en me confiant l’histoire de sa grossesse dans le but d’aborder, avec vous, certaines problématiques.

Lorsqu’on vous parle de grossesse, de femme enceinte, nous pensons immédiatement aux symptômes et aux petits désagréments  qui vont avec, telles que les nausées, la fatigue, le mal de dos,  la transformation du corps et les seins qui augmentent, quoique ça en général la paire de seins qui grossit c’est plutôt le petit plus qui fait rêver, un cadeau pour madame mais aussi pour monsieur hein ? Mais bon n’oubliez pas que les deux beaux ballons peuvent aussi faire mal! Au delà de ces phénomènes courants que nous connaissons tous, il y a bien des aspects que l’on aborde peu et pourtant ils peuvent venir compliquer la grossesse d’une femme en transformant cette aventure en une expérience pénible et périlleuse plutôt qu’en un joli conte de fée.

Vous connaissez tous l’émission Danse avec les Stars,  je pourrais très bien intituler ce premier paragraphe « Danse avec les hormones et la grossesse ». Bien qu’une fois de plus les conséquences hormonales sont différentes chez chaque femme et que durant une grossesse c’est un peu comme pendant la période des règles, certaines ont mal au ventre, sont sur les nerfs, d’autres le sont au contraire ou pas du tout et rien ne vient perturber leur quotidien. Pour ma part ce n’est ni l’un ni l’autre, par contre je mange pour 60 personnes ahaha donc tous les mois ça coûte cher. Tout ça pour bien schématiser que chaque personne, chaque cas est différent et c’est d’ailleurs un peu pareil chez l’homme mais pour une autre thématique n’est-ce pas ?

Si certaines femmes mettent du temps à réaliser qu’elles sont enceintes et qu’un petit être est en train de grandir en elles car elles ont la chance de passer à côté de petits désagréments, de son côté, Sarah a immédiatement senti tout son corps être chamboulé.  Et comme on dit familièrement «Elle n’était pas prête» quand je dis pas prête, je parle du fait qu’elle a été surprise de certains effets physiologiques dont on ne parle peut être pas assez. Dès le début de sa grossesse, Sarah est prise de nausées, d’une fatigue importante, mais ce qui la bouleverse le plus ce sont ses réactions comportementales dûes aux modifications hormonales. Durant les trois premiers mois, elle se sent sur les nerfs, comme elle le dit, elle ne pouvait plus voir personne en peinture. Elle n’avait qu’une envie, celle de comprendre ce qui lui arrivait et qu’on lui foute la paix! En soit rien de grave, être enceinte n’est pas une maladie mais face à nos hormones il est difficile de tout contrôler.

Pour comprendre, vous n’êtes pas sans savoir que plusieurs hormones sont comme on dit vulgairement, en état d’ébullition tout au long d’une grossesse. La première étant celle dont entend le plus souvent parler la beta HCG. C’est celle qui est dosée dans le sang ou dans les urines lors d’un test de grossesse. Cette hormone est sécrétée peu de temps après la fécondation, elle augmente de façon considérable durant les premières semaines et cette augmentation va durer jusqu’au troisième mois avant de redescendre peu à peu. Encore une fois, chacune réagissant de manière différente mais pour beaucoup de femmes et de couples, il n’est pas évident de mesurer directement les problèmes liés aux hormones.

Les complications:

Tout n’est pas toujours beau et rose alors si certaines femmes continuent de vivre normalement et ont une vie très active, personne n’est vraiment préparé aux risques des complications. Dès le 5ème mois de la grossesse de Sarah tout redevient normal. Moins de nausées, moins de fatigue, c’est le soulagement pour elle.  Sarah pense qu’elle va enfin profiter de sa grossesse .. ou pas! Aux alentours de la 20ème semaine de grossesse, Sarah sent des contractions se manifester. Prise de panique,  elle se rend à l’hôpital où elle devra être hospitalisée pour une menace d’accouchement prématuré. Une semaine d’hospitalisation avec un traitement par perfusion  et injection de cortisone également pour la croissance pulmonaire du bébé. Montées excessives d’hormones, hospitalisations, risque d’accouchement prématuré, forcément ce n’est pas le scénario rêvé et rassurant d’une femme enceinte.

Les contraintes :

Une fois de retour à la maison, l’ordonnance est non négociable, Sarah devra passer le reste de sa grossesse alitée. Pour cette femme positive et active, cette obligation est difficile à encaisser mais si c’est pour le bien du bébé alors on se plie à l’ordre naturellement ! Clouée au lit, chez elle, Sarah a le temps de ruminer et d’angoisser. Elle tente tant bien que mal de se rassurer, de profiter de cette grossesse à sa façon, un exercice qui ne va pas être simple puisqu’après un second séjour à l’hôpital, les médecins constatent un excès de liquide amniotique qu’ils n’expliquent pas. Franchement, on explique souvent cet excès en rapport avec un diabète gestationnel mais du côté de Sarah, le bilan de sang ne montre rien d’alarmant. Il peut aussi être la cause d’une infection materno-fœtale comme la toxoplasmose par exemple. Ce genre de d’anomalie peut entraîner une production excessive de liquide amniotique, mais là aussi en ce qui concerne Sarah, l’hypothèse est vite écartée. Le dernier facteur est une éventuelle anomalie chromosomique, ce qui peut correspondre à un cas de trisomie par exemple.

Les risques: 

C’est avec une certaine diplomatie ou plutôt une certaine maladresse que le gynécologue de Sarah lui annonce qu’il pense à une trisomie et lui propose de pratiquer une amiosynthèse avec, pour le coup, un double risque d’accouchement. En précisant toutefois que si le résultat s’avère positif une IVG (interruption volontaire de grossesse) lui sera proposée. On répond quoi dans ces cas-là ? Merci docteur! En résumé, cette situation paraissait, selon le ton qu’il employait, presque simple et logique. Rappelons tout de même que Sarah était en fin de grossesse et qu’après 4 mois au lit à ne penser qu’à elle et au bien-être de son bébé, on lui parle d’un éventuel avortement! Le coup de massue grattos! Après cette annonce, comme dans tout épreuve lorsque l’on vous tape dessus, il faut se relever immédiatement sans réfléchir. C’est ce que Sarah a fait en décidant d’aller consulter ailleurs et avoir l’avis d’un autre spécialiste, qui s’est montré plus rassurant et plus diplomate sur l’explication de sa situation.

L’accouchement :

Arrivée le jour de l’accouchement, tout le monde n’est pas forcément préparé. Surtout Sarah qui n’a pas pu assister aux cours d’accouchement en raison de son repos forcé et de ses surveillances médicales. Sarah n’aura pas eu de chance même dans l’épreuve de la péridurale qui n’a pas fait effet comme cela peut arriver. Une fois de plus, elle n’a pas été préparée à cette éventualité, avant de partir pour pousser pendant 40 minutes jusqu’à l’arrivée du gynéco de garde qui lui a fait une épisiotomie de presque 8 cm. Un geste effectué rapidement avant que celui-ci reparte immédiatement dans la salle d’à côté pour un autre accouchement. Ce n’est qu’un détail de plus, mais là encore Sarah s’est sentie mal informé sur le geste, elle aurait aimé avoir son mot à dire et reste avec des questions sans réponses comme celle de prendre le risque de laisser le déchirement naturel qui n’aurait peut être pas été de 8 cm.

Le post natal:

Le lendemain de l’accouchement , encore une fois, si pour certain l’envie est pressante de montrer son bébé à ses proches pour d’autres femmes, il faut leur laisser le temps de s’habituer à ce changement de rôle, à ce bébé. Ce n’est pas pour rien qu’à l’hôpital, le nombre de personnes par chambre est limité et que les visites à la maternité ne sont pas encouragées par le personnel médical. En effet, mise à part les papas, les frères et soeurs, papys et mamies, si vos proches peuvent attendre votre retour à la maison c’est toujours mieux. Pour vous, pour que vous puissiez vous reposer et pour votre bébé qui vit ses premières heures hors du ventre de sa maman et qui est soumis au chamboulement du monde extérieur, des microbes. Mais également pour la maman qui une fois avoir mis au monde son bébé, subit à nouveau le phénomène hormonal, puisque physiologiquement, le taux de progestérone chute en l’espace de quelques heures après l’expulsion du placenta. Face à un tel bouleversement, les émotions sont fortement perturbées, ce qui entraîne naturellement des réactions telles que sauts d’humeur, insomnies et surtout le fameux chagrin appelé baby blues.

Le baby blues :

Un baby blues qui une fois de plus, peut être plus ou moins intense chez chaque femme. Dès son retour à la maison, pour Sarah, c’est un tsunami d’émotions au point d’avoir failli faire valser son couple. Elle se retrouve face à une sensibilité qu’elle ne contrôle pas, en culpabilisant de ne pas apprécier ce qui devrait être le plus beau moment de sa vie, pourtant elle aime son fils, il est beau, adorable et après s’être tant inquiété, elle est heureuse de voir ce petit être en bonne santé. Cependant, dans son intimité de femme, l’épreuve est difficile, elle n’arrive plus vraiment à se reconnaitre dans son corps. Elle est épuisée, à fleur de peau, son corps lui fait mal, des douleurs inconfortables, au ventre, aux seins. Une période où une fois de plus, il ne fallait pas lui parler de recevoir des visites, juste le besoin de se reposer, au calme et se retrouver seule afin de trouver le bon équilibre de sa nouvelle vie de femme, de maman, et gérer au mieux les conséquences d’une grossesse tumultueuse.

La vie est comme un arc en ciel, il faut de la pluie et du soleil pour en voir les couleurs …

Bien qu’aujourd’hui tout soit rentrer dans l’ordre, Sarah est la plus heureuse des mamans. Néanmoins, elle ne garde pas sa grossesse en mémoire comme un cauchemar. Au contraire elle encourage toutes ses amies à avoir des enfants. Sa vie a reprit de plus belle, elle redouble de force avec l’envie d’accomplir encore et toujours pleins de projets dans sa vie de femme et en ce qui concerne sa vie de couple tout est rentré dans l’ordre. Après une petite crise post-natale, le seul  bémol qu’elle garde en elle et le sentiment qu’elle éprouve, c’est le regret de ne pas avoir été  mieux informée. En effet, toutes les mamans à en devenir ne sont pas des pros de la grossesse addict et adeptes des magazines de naissance. Avec le recul, elle dit comprendre que, bien qu’un enfant puisse souder un couple, dans le cas contraire il puisse le détruire, non pas à cause de lui à proprement parlé mais à cause de toute la perturbation physiologique qu’une grossesse entraine.  De ce point de vue, Sarah retient dans la plupart des maternités, un manque d’informations et d’encadrement psychologique à ce sujet.

Et vous? Etes vous d’accord avec cela ? Vous comprendrez bien que cet article n’a pas pour but de décourager les futures mamans.. Cet article a plutôt pour but de revendiquer le fait que toutes les grossesses ne se passent pas comme dans les contes de fées au même point que toutes les grossesses ne sont pas dites  « à risque » et par conséquent, chaque femme n’est pas gynéco ni sage femme dans l’âme et qu’il manque peut être certaines structures. Alors problèmes de budget ou autre ? chaque femme ne devrait pas se sentir isolée dans sa maternité. Alors si je peux me permettre de vous donner un conseil, ne rester pas seule face à votre grossesse.

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