Bonjour à tous ,

Aujourd’hui un nouvel article sur une histoire que j’ai suivi de près et qui m’a énormément touché.

Cette histoire c’est celle d’Anne Bert et son combat, mais aujourd’hui ce n’est pas moi qui vais vous en parler, c’est Chloé Drillat , ma chroniqueuse de l’émission « À votre santé » Elle vous raconte son parcours mais surtout le résumé de son livre désormais disponible …Nous devons tous lire son livre,  garder en tête cette femme , son amour pour la vie, son courage …Nous positionner sur le sujet de l’euthanasie sans juger et surtout espérer qu’un jour en France les choses bougent …

 

 

« J’aime trop la vie pour me laisser mourir »

Pour toutes les personnes qui nous écoutaient et nous suivaient la saison dernière sur l’émission « À Votre Santé », vous savez à quel point j’adorais vous faire part de mes astuces beauté ou encore sexo …

Mais aujourd’hui, je ne vais pas vous parler d’amour, vous dire comment embellir vos cheveux ou vous donner le top 5 de mes nouvelles lectures croustillantes qui vont vous réchauffer en ce temps glacial.

Enfin si,  on va parler lecture, mais dans un tout autre registre que dans lequel vous avez l’habitude de m’entendre. J’ai envie d’évoquer avec vous un livre poignant, sincère et touchant, écrit par une femme dont vous avez sûrement entendu parler ces derniers temps.

Cette femme, c’est Anne Bert. Elle a 59 ans et elle est écrivaine.  Elle aime écrire de nombreuses histoires parlant de désir, d’amour, d’érotisme… Des récits qui nous donnent des frissons et nous emportent à chaque page. L’intime, un thème « insaisissable et indicible » qu’elle aime explorer.

En ce mois d’octobre, paraît son livre, son tout dernier livre « Le tout dernier été ».

Sous sa plume, elle est le personnage principal, l’héroïne de son récit.

Comme dans toutes les histoires que l’on nous racontait lorsque nous étions enfants, les héros avaient des combats à mener où le chevalier devait combattre le dragon pour sauver sa bien-aimée, affronter les êtres maléfiques pour sauver les siens …J’aimerais écrire qu’il existe des exceptions et que certains héros n’ont pas de bataille à mener et qu’ils en ressortent tous indemnes …

Mais Anne Bert  a aussi un dragon à combattre. Ce dragon, c’est la maladie de Charcot.

Dans les combats, il y a  deux solutions :

  • soit on les gagne,
  • soit on les perd.

Mais rien n’est dicté par avance puisqu’elle en a choisi une autre : celle de mourir pour surmonter sa maladie.

Et c’est dans ce livre, qu’elle l’évoque et qu’elle nous en fait part.

Dans «  Le tout dernier été », elle raconte son combat contre son adversaire, son ennemi : la maladie de Charcot aussi appelé Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA).

Une maladie neurologique à évolution rapide presque toujours mortelle,  qui attaque directement les neurones, entrainant une faiblesse musculaire puis une paralysie.

L’espérance de vie est courte, très courte pour les patients qui en sont atteints.

Anne Bert a décidé de mourir en Belgique ce lundi 2 octobre 2017, là où c’est  autorisé contrairement en France où la loi ne le permet pas. « Une autre médecine qui, quand elle ne peut plus soigner le corps, se décide à soigner l’âme » décrit-elle.

Mais je ne suis pas là pour vous dire si oui ou non nous devons instaurer cette même loi dans notre pays.

Je souhaite, avec mes mots, mon ressenti vous parler de son histoire qui m’a énormément touchée.

Pour être honnête, ce n’est pas le genre de livre que j’ai l’habitude de lire, bien au contraire.

Mais dès les premières pages, les premières phrases, on est transporté dans son univers et dans son quotidien.

Au fil des chapitres, on en apprend plus sur cette courageuse femme.

Un livre loin d’être morose qui nous montre tout simplement la beauté de la vie et de l’importance de profiter de chaque instant.

Elle décrit la manière dont on lui a annoncé sa maladie, comment elle en a parlé à sa famille. La manière dont la maladie de Charcot la prive de plus en plus des petits gestes du quotidien.

La manière dont elle vit au jour le jour sans ne plus penser au lendemain, le futur devenant flou et incertain. La manière dont elle essaie d’oublier qu’elle ne saura rien de l’avenir, des joies, des peines de ses enfants.

Elle nous raconte la rencontre avec ses passeurs, « ces hommes qui font désormais partie de sa vie et qui vont l’aider à la quitter ».

Un récit qui est pour elle, le temps des dernières fois.  «  Plus de pieds nus dans la rosée, de lumière rasante. Plus d’aurore ni de clairs-obscurs entre chien et loup. Plus de pommiers en fleurs. De parfums des lilas, des iris et des pivoines, si subtils. Plus de chaleur écrasante et de vrombissements d’abeilles. De dîners au jardin jusqu’à plus d’heures »

Et plus on avance dans la lecture, plus on se retrouve à penser à soi, à ses parents, sa famille et la manière dont on aurait réagit si nous avions été, nous aussi, confrontés à cela.

Un livre qui inconsciemment nous fait réfléchir, à nous, au lendemain, à notre vie …Son récit n’est pas une thérapie. Ce n’est pas non plus un texte militant, mais « une incursion littéraire sur le rebord de soi ».

La  SLA, lui a tout pris ; lui a volé ses rêves. Elle a arrêté le temps, dilué son écoulement. Mais elle se « refuse de dresser la liste interminable de ses renoncements, quand d’autres dressent la liste de leurs envies ».

Elle aime trop la vie pour se laisser mourir. Son ultime liberté qui lui reste c’est de choisir la manière dont elle va mourir. Choisir sa mort sans renoncer à son goût de vivre. Alors Madame Bert, pour finir c’est à vous que je vais m’adresser. À l’heure où je vous parle, vous avez décidé de rejoindre les étoiles en emportant avec vous, le doux parfum des lilas qui embaumaient votre maison. Et ce soir, en nous couchant, TOUS,  nous penserons à vous et au fait que l’on a le choix. Le choix de mourir pour mieux vivre.

Chloé Drillat @chloédrillat.

Partagez , réagissez , mais surtout lisez …

 

Merci ma Chloé … Anne je n’ai pas eu le temps de vous rencontrer mais vous êtes à jamais dans un coin de ma tête .

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