Il y a quelques jours l’histoire de cette fillette de 11 ans a glacé le sang de tous ceux qui ont pu lire  les articles de ce scandale  https://www.rtbf.be/info/societe/detail_rapports-sexuels-avec-une-fillette-de-11-ans-ce-n-est-pas-un-viol-selon-la-justice-francaise?id=9720949

 Mes chers lecteurs, 

À mon retour de vacances, j’ai reçu un message de Marion qui me racontait son histoire… Je ne l’ai pas sortie sur le site immédiatement car c’est une histoire très lourde et pas facile à raconter ni à retranscrire car ce n’est pas moi qui l’ai vécue. Je ne vous cache pas non plus , que  j’avais une certaine appréhension en ce qui concerne sa publication. Quoi qu’il en soit, Marion a eu le courage de me raconter son histoire; je ne pouvais absolument pas me permettre de lui tourner le dos et j’espère que vous saurez faire comme moi, c’est à dire la soutenir dans sa démarche courageuse en partageant au maximum cet article. Mon article n’aura jamais le pouvoir de faire bouger les choses mais si la démarche de Marion peut aider certaines personnes à sortir du silence et à convaincre toutes les victimes de ces actes impardonnables à parler, alors parlons-en ensemble et soutenons ….

 

 

 

Marion n’a que sept ans lorsque ses parents divorcent en 2007. Comme beaucoup d’enfants dont les parents sont divorcés, Marion et son petit frère vivent avec leur maman et vont chez leur papa un weekend sur deux. Le foyer est souvent dans un climat de haute tension, mais elle était loin d’imaginer la foudre qu’allait provoquer ce divorce.

Un divorce ce n’est jamais simple, c’est avant tout une famille qui éclate,  où il faut ré-apprendre à vivre chez l’un, chez l’autre, et retrouver un équilibre de vie …de quoi perturber une famille entière.Une séparation ne devrait qu’être une histoire d’adultes, surtout pour les règlements de compte et les reproches. Alors, lorsqu’un des deux parents adopte le pire des comportements en rejetant la faute sur ses  enfants, c’est un véritable tsunami qui s’abat sur deux innocents qui n’y sont pour rien! C’est ce qu’ont vécu Marion et son petit frère.

Tous les 15 jours, c’était le weekend de l’enfer entre, insultes, coups et humiliations, violences verbales et physiques d’un papa, le début d’un long cauchemar bien réel …C’est en 2009 que le calvaire s’aggrave, au moment des douches du soir, le papa oblige ses deux enfants à se laver de façon collective,  c’est à dire, à trois, Marion, son petit frère et lui-même, prétextant que la facture d’eau est trop élevée et que, de ce fait, pour faire des économies il n’y pas d’autre choix que de se laver de cette manière.

L’homme explique à ses enfants que c’est naturel de laver ses enfants même dans les parties intimes; des toilettes douteuses avec des gestes incestueux, caresses et autres sur ses deux enfants, ce que Marion comprend assez rapidement, le petit frère de Marion est trop petit comprendre ce qu’il se passe et reste dans le plus grand des silences …

Marion, à cette période là, est une jeune fille curieuse en plein développement de sa vie de jeune fille, elle s’informait et s’intéressait à des livres sur la construction de la femme; un guide qui aborde un grand nombre de sujets comme : les règles , les rapports fille/garçon, la sexualité… Elle comprend, dans ce manuel, que ce qu’on lui faisait portait un nom « l’inceste ». Elle décide alors d’en parler à sa psychologue qu’elle consultait régulièrement. La professionnelle de santé explique à Marion que la situation est grave et qu’il faut qu’elle aille à la gendarmerie en parler.C’est avec beaucoup de courage que la jeune fille décide d’aller témoigner à la gendarmerie contre son papa. Après des heures d’audition, on lui explique que les preuves sont bien peu révélatrices pour recevoir une plainte en lui affirmant néanmoins qu’une enquête sociale sera ouverte.

Une première enquête sociale , non concluante ….

Si la maman des deux enfants, de son côté, collabore sans problème, le papa s’arrange pour fuir chaque convocation où tous les prétextes sont bons ; une enquête qui, 6 mois plus tard, sera jugée « sans suite » avec un juge qui reconnaît le comportement d’un papa perturbé qui s’explique certainement par le fait qu’il est lui-même issu des services sociaux avec une enfance difficile pouvant expliquer son instabilité.

Aucun changement sur le « droit de visite » suite au jugement, alors comment se passe le weekend lorsqu’on vient de porter plainte « contre son papa ? » Dans un climat de rapport de force, d’ignorance et de négligence avec généralement un seul repas  assuré par jour.

En 2011, les weekends se ressemblent, les choses ne se sont pas apaisées. Un soir où Marion est forcée d’aller prendre sa douche avec son père, il va beaucoup plus loin et la viole…..le petit frère est dans le salon à côté, la pire des choses s’est produite sur un corps encore vierge et pour la faire taire sur ses actes, l’homme menaçait ses enfants de les frapper encore, de les faire  dormir dehors , par la suite , il obligeait même ses enfants à devenir ses esclaves: courses, ménage, repas…. tout devait être fait!.

Ce fameux weekend, de retour chez leur maman, Marion affiche un comportement différent qui ne va pas échapper à l’oeil de sa maman, désarmée par la situation depuis le dernier jugement, elle interroge sa fille mais Marion restera complètement muette et prétextera  un peu de fatigue.

En 2013, lors d’une sortie, le père des deux enfants aperçoit un ordinateur dans un magasin que le propriétaire avait laissé seul quelques minutes, ce qui n’échappe pas aux yeux du père de Marion et de son frère, le père ordonne à son fils d’aller le voler, les caméras de surveillance ont, par la suite, pu retrouver la trace de son voleur, qui conduira à une convocation à la gendarmerie. Etant en voyage professionnel, ce seront les enfants qui seront d’abord convoqués au commissariat. Interrogés pendant de très longues heures, les enfants tentent encore de tirer la sonnette d’alarme en ce qui concerne leur père et ses actes… Des révélations qui seront transmises aux services sociaux afin de ré-ouvrir une enquête sociale qui sera cette fois entendue par le JAF « Juge aux Affaires Familiales »  en mettant en place une ordonnance d’éloignement avec un droit de visite de six heures par mois en présence d’un éducateur.

 

«  j ai revu mon père seule, il a commencé à m’insulter, j’ai couru vers l’éducatrice, et cette fois, tout est sorti de moi, le viol…..  j’ai tout avoué »

 

Fin 2015, les visites se passaient bien, il avait alors été convenu que Marion pouvait revoir son papa «seule» en extérieur en pensant que les choses s’étaient apaisées et qu’il n’y avait aucune raison que cela ne se passe mal. Il n’aura fallu que quelques minutes avec lui pour que les violences verbales ressurgissent, c’est la peur au ventre qu’elle a fuit pour se rendre chez son éducatrice où là, elle a pu se libérer en racontant tout ce qu’elle n’avait pas réussi à sortir depuis des mois, des aveux qui vont bouleverser toute la vie d’une famille, mais il fallait que cela cesse enfin.

Marion voulait protéger sa maman, elle culpabilisait de la voir  terrassée par les faits, quant à elle, elle ne sortait plus de chez du domicile de peur de croiser son père. La seule chose qu’elle n’a jamais lâché c’est sa scolarité où elle a pu compter sur l’aide de ses amies pour y trouver du réconfort et heureusement pour elle car ce qui l’attendait n’allait encore une fois, pas être de tout repos …Réouverture d’une enquête approfondie, cette fois pour prouver le « Viol » qui passera par des heures d’entretien au commissariat mais pas seulement, psychiatres, médecins, avocats et enfin gynécologues… des entretiens traumatisants que Marion garde en mémoire …

« je n’oublierais jamais ma visite chez la gynécologue, une étape qui était déjà très angoissante pour moi mais je me souviens avoir été tétanisée par son bureau qui était situé à l’institut médicaux judiciaire où se trouvait également la morgue, je n’avais que 15 ans » 

Un parcours du combattant qu’elle a mené sans relâche tout en poursuivant ses études. Après avoir obtenu son brevet , Marion a pris une voie destinée à « l’aide à la personne »… inutile de vous préciser que les cours de pratique étaient très difficiles pour elle surtout quand il fallait s’occuper d’hommes….

Quelques mois plus tard, alors qu’elle était en cours, Marion a vu le CPE débarquer dans sa classe pour la convoquer, en rentrant dans le bureau elle y retrouve sa maman qui avait fait le déplacement pour lui annoncer que l’affaire était classée « sans suite »  par manque de preuve et que la perte de sa virginité et les petites lésions pouvaient être dû aux tampons hygiéniques!

Anéantie, la jeune fille devenue jeune femme s’enferme dans un mal intérieur profond, elle ne dort plus, enchaîne les cauchemars, rejète son entourage en se montrant très agressive sur une période de 6 mois, jusqu’à prendre les devants et se présenter à un psychiatre qui met des « mots sur ses maux »  une dépression post traumatique avec l’incompréhension de ne pas avoir été entendue comme il se devait par la justice.Hospitalisée dans des conditions d’enfermement où Marion se retrouve déstabilisée et en perte de repères avec le sentiment d’être redevenue une toute petite fille dépendante de sa maman, s’en suit.

Aujourd’hui, Marion tente de se reconstruire et d’aller de l’avant avec force et détermination, elle ne voit plus son père même si celui ci prend des nouvelles chaque semaine. En ce qui concerne son rapport avec les garçons, il est très compliqué ; Marion est dans la méfiance et le rapport de force chaque jour est un combat pour se reconstruire et pouvoir trouver la force de se « construire » une vie de femme, la sienne. Lorsque j’ai demandé à Marion pourquoi elle venait vers moi pour témoigner , « elle m’a tout simplement répondu, pour parler, pour avancer et surtout …. cela fait partie du protocole de thérapie, Il faut PARLER.

 

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  1. Quel fille courageuse, déjà d’avoir osé en parler car cela doit être difficile mais évidement c’était la meilleure façon de mettre terme à tout ça.
    C’est ca la justice en France ? Ca me dégoûte vraiment ! Quel honte dans un pays comme le notre de voir cela en 2017..
    c’est horrible ce qu’elle a vécu malgré que ce soit son père il faut qu’il paye et qu’il se fasse soignée psychiatriquement déjà !
    Je souhaite beaucoup de courage à Marion et espère qu’elle reprendra petit à petit goût à la vie.

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